Hostellerie du Château de Sainte Sabine  * * *
21320 POUILLY EN AUXOIS - FRANCE
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Ma Petite Histoire...
Je suis arrivée à Saint-Martin-de-Lassey au XIIème siècle, venant de Rome.Le moine me transportant à l'abbaye de la Bussière mourut ici, me laissant à la garde des habitants. Désireuse de rester sur place, j'immobilisais les porteurs
de ma châsse au pied de l'actuel château et fit jaillir une source (maintenant le centre d'un petit sanctuaire situé dans le parc du château).
Cette intervention, normale pour moi (après tout, je suis une sainte...) mais surnaturelle pour les mortels, fit que le village changea progressivement de nom jusqu'à s'appeler comme moi : Sainte Sabine.

Sainte, car je fus martyrisée par les Romains en l'an 125. D'ailleurs, depuis 800 ans, des fragments de mon crâne sont toujours gardés dans l'église.
Les habitants m'ont même donné un joli visage en argent sculpté, qu'ils promènent toujours chaque année en pélerinage le 29 août, jour de ma fête, et le 4ème dimanche après Pâques.
Que n'en-ai-je vu, des choses en 800 ans !

De Saint Martin fondant un monastère là où s'érigera plus tard le château, à ces 4 fougueux frères,
seigneurs de Chaudenay (qui possédaient mon village et ses terres) bataillant et guerroyant avec le
Duc de Bourgogne contre les Anglais en 1258. Ils ne revinrent jamais, mais les maisons de Vienne,
de Saulx, et surtout une des plus anciennes Noblesse de France, les De Joyeuse, dont la lignée
remonte au Xème siècle, possédèrent successivement la Seigneurerie de Sainte Sabine.

Que de gentes dames et beaux messieurs festoyèrent à nos côtés. Je vis, à travers mon masque d'argent, les 50 familles du village être assujetties au droit de garde et de guet du logis seigneurial, énorme demeure bourgeoise comprise entre deux propriétés privées et connues sous le nom de "Maison de Fussey". C'était en 1562...
Jusqu'à ce jour de 1630 où Gaspard de Messay relia les deux pavillons par un mur, les protégeant par un pont-levis et des fossés : le château, dans sa forme quasi-définitive était né !

Je vis arriver, en 1760, Patrice, Comte de Wall, Maréchal des camps et armées du Roi. Il apporta, ce gentilhomme anglais, la pomme de terre au village, et pensa utiliser les canaux de Bourgogne pour augmenter et favoriser le commerce local. Mais, chassé par les révolutionnaires, notre bienfaiteur laissa sa place en l'an V à la dynastie Rocault. Je vis alors fleurir sur les murs du château les initiales R.S.S. Après un siècle et demi de grandeur et d'embellissement, le château et le parc sont vendus par Mme de Barbuat à Mr Bourgeois, qui l'habite pendant 30 ans.

Mais, croulant sous le poids d'une trop lourde charge, il vend, et, à mon grand étonnement (j'avais eu peu d'occasions de sourire en 18 siècles, convenez-en !...) les nouveaux seigneurs du château, la famille Gilinsky, décident de lui réinsuffler une vie qui s'écoulait lentement hors d'un corps de bâtiment exsangue. C'est le début d'une nouvelle vie pour ces vénérables pierres qui vous présentent aujourd'hui leur plus beau visage, aussi souriant et resplendissant de bonheur que mon faciès d'argent !
Nos destins entrecroisés depuis si longtemps sont indissociables, et pour peu que l'on nous chérisse, nous prouverons que pierre et argent sont matériaux éternellement inaltérables...